OUVERTURE À L'ANNÉE DU COL DE L'ÉCHELLE
Le collectif de la Clarée n'en veut pas
Le collectif de la Clarée a décidé de combattre le projet d'ouverture à l'année du col de I'Échelle.
Ses responsables mettent en avant le coût du projet, sa complexité technique et dénoncent le flux de circulation que cela
entraînerait.
Le collectif de la Clarée a profité, ce week-end, de la fête qu'elle organisait au village des Alberts, à Montgenèvre,
pour prendre position, lors d'une conférence de presse, sur le dossier de l'ouverture du col de l'Échelle à l'année.
Une ouverture que souhaite le conseil général, dans la perspective, notamment, des jeux olympiques turinois de 2006.
Il y a d'abord le coût financier,18M d'euros, c'est du gaspillage tonne Jean Gabriel Ravary, le porte parole du collectif. Ce projet
remettra en cause le ski de fond, alors que l'Échelle est un site de repli et qu'il y a de moins en moins de neige l'hiver poursuit
Émile Roman, le président du collectif. Par ailleurs, sur le plan technique les difficultés vont être extrêmes,
voire insurmontables, renchérit Jean-Gabriel Ravary. Le déneigement posera un problème à cause de la pente,
on connaîtra des risques d'avalanche, ainsi que des problèmes dus au verglas, car on se trouve sur le versant nord. En outre, on refuse
de devenir an déversoir à véhicules, le jour où un accident aura lieu dans le col de Montgenèvre, souligne
t-il.
Tout cela nous paraît monstrueux.
Selon Émile Roman, ce projet est également contradictoire avec celui mis en place
par le Département, concernant les navettes dans la Haute-Clarée. Ces navettes ont été créées pour
qu'il y ait moins de voitures. Pendant ce temps, on envisage un projet qui multipliera le flux des véhicules. Je
ne comprends pas !
Un col ouvert plus longtemps
Toutefois, le collectif, s'il critique et souhaite jouer un rôle nécessaire de contre-pouvoir, propose également des solutions.
Nous en avons déjà parlé lors de réunions. Nous considérons que le col de l'Échelle peut être
ouvert à la circulation beaucoup plus longtemps. Étant données les précipitations neigeuses, on pourrait le fermer facilement
un mois plus tard et l'ouvrir un mois plus tôt. Il y a à ce sujet un vrai problème d'efficacité en ce qui concerne
le déneigement estime Jean Gabriel Ravary. Selon lui, le col pourrait n'être fermé grosso-modo que trois mois dans
l'année, de décembre à février. De même pour le collectif, il est nécessaire d'entretenir le col toute
l'année, pour passer d'une vallée à l'autre. C'est d'autant plus normal qu'une partie de la commune de Névache se
trouve de l'autre côté, rappelle t-on. Cet hiver, nous avons été satisfaits de voir que les trois communes
de la vallée, ainsi que le conseiller général, ont pris position contre l'ouverture de l'Échelle toute l'année,
à l'occasion d'une journée qui s'est déroulée au sommet du col, précise M. Ravary. Celui-ci mentionne que
d'une façon générale, les élus ont toujours fini par adhérer aux thèses du collectif, concernant la
sauvegarde de la Clarée. Exemple : On nous prenait un moment pour une bande d'ecolos quand on parlait du ferroutage. Aujourd'hui, curieusement,
même les élus qui étaient opposés à ce concept n'ont plus que ce mot à la bouche. Les choses évoluent.
Georges AUBRY
Le Dauphiné Libéré - 4 aout 2003
La mémoire du collectif sauvegardée
Quatre gros classeurs constituent aujourd'hui les archives du collectif. C'est dans ces archives que l'association a
puisé pour raconter son histoire depuis le combat mené en 1973 contre la voie rapide Fos-Turin. Ce combat avait à sa tête
une personne passée à la postérité : Émilie Carles, l'auteur d'"Une soupe aux herbes sauvages".
Depuis, le collectif s'est illustré à de nombreuses reprises, d'abord afin que la vallée soit classée,
ensuite dans le débat du tunnel "touristique" que certains décideurs haut-alpins, dans les années 90, espéraient
sous le col de l'Échelle. Depuis le consensus politique et économique s'est fait autour d'un tunnel de base ferroviaire sous le col du
Montgenèvre, solution soutenue par le collectif.
C'est toute cette histoire que l'on retrouve dans "L'aventure du collectif", un ouvrage écrit par René Siestrunck
et dans lequel on peut découvrir aussi des documents photographiques.
Pour nous, ce livre est un peu notre mémoire, c'est un souvenir qui s'inscrit aussi dans la vallée, un morceau
de son patrimoine observe Émile Roman, le président du collectif.
Georges AUBRY
Le Dauphiné Libéré - 4 aout 2003